
Un registre de cancers est une structure qui assure un recueil continu et exhaustif de données nominatives sur tous les nouveaux cas de cancers apparaissant dans une population géographiquement définie (le plus souvent, le département) à des fins de recherches épidémiologiques et de santé publique par une équipe ayant les compétences appropriées.
Les premiers registres départementaux sont apparus à la fin des années 1970 dans le Bas-Rhin et en Côte d’Or. Pour coordonner les initiatives locales, un Comité national des registres a été créé sous la double tutelle de la Direction générale de la santé (DGS) et de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM).
Actuellement, il existe 21 registres de cancers qualifiés : 13 registres généraux et 8 registres spécialisés (cancers digestifs, hémopathies malignes, leucémies et tumeurs solides de l’enfant).
Tous les registres sont réunis au sein du réseau Francim créé en 1991 qui permet la standardisation du recueil des données et la réalisation de travaux de recherche. Par ailleurs, le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès de l’INSERM (CépiDc) est étroitement lié avec le réseau européen des registres des cancers Eurocim fonctionnel depuis 1990.
Les registres collectent les données médicales provenant de sources multiples : laboratoires d’anatomie pathologie, centres régionaux de lutte contre le cancer (CRLCC), hôpitaux, cliniques, médecins libéraux, organismes de recherche (INSERM, IRSN), caisses d’assurances maladie, cellules interrégionales d’épidémiologie (Cire), etc…
Les données sont ensuite validées et traitées dans le strict respect de la confidentialité : le croisement des sources permet une validation active et permanente des cas sur laquelle reposent la fiabilité et la précision du registre.
Elles sont enfin analysées et exploitées.
Il est possible, par exemple :
-de déterminer l’incidence des cancers dans les différents départements : de manière générale les cancers sont plus fréquents au nord qu’au sud de la Loire ; la fréquence des cancers de la thyroïde est plus augmentée dans les départements les moins exposés aux retombées de l’accident de Tchernobyl (rapport InVS 2001) ;
- d’estimer le nombre des malades nécessitant des soins ou une surveillance, élément essentiel dans la planification sanitaire ;
- de disposer d’informations (amélioration des taux de survie) permettant d’évaluer l’efficacité des pratiques de soins ;
-.d’évaluer les politiques de prévention et de dépistage ;
- d’identifier les facteurs de risque.
Il a été créé à l’initiative de Monsieur Jean Vidal, Président de la CLI du Gard et du Professeur Jean-Claude Artus avec l’aide du Conseil Général, au début de l’année 2003. Il est placé sous la responsabilité scientifique du Professeur Jean-Pierre Daurès. Le recueil des données et leur traitement sont effectués par le Docteur Pascal Michel.
Les cancers dans le Gard
En 2002, la population du Gard est estimée à 645342 habitants (48,47% d’hommes et 51,53% de femmes). 3170 cancers diagnostiqués ont été enregistrés dont 1850 cancers chez l’homme et 1320 chez la femme. Le nombre de décès par cancer dans le département est estimé à 1742.
Plus d’un homme sur trois risque d’avoir un cancer avant 75 ans dans le Gard
Le cancer le plus fréquemment, chez l’homme, diagnostiqué reste celui de la prostate (25%). Les autres sont : les cancers pulmonaires (15,1%), coliques et rectaux (11,7%), hématologiques (9,5%), de la peau (6,4%); de la vessie (5,7%) et des reins (2,5%).
Plus d’une femme sur quatre risque d’avoir un cancer avant l’âge de 75 ans dans le Gard.
Le cancer le plus fréquemment, chez la femme, diagnostiqué reste le cancer du sein (36,3%). Les autres principaux cancers sont : les cancers du colon et du rectum (13,6%), les cancers hématologiques (8,9%), les cancers de la peau (5,8%), du poumon (4,8%), du corps utérin (4,5%) et de la thyroïde (2,7%).
