
Un moyen efficace de protection contre une contamination radioactive de la glande thyroïde.
En cas d'accident grave, certaines installations nucléaires, notamment les centrales nucléaires, sont susceptibles de rejeter dans l'atmosphère de l'iode radioactif. Ce radioélément, inhalé ou ingéré par la population exposée au rejet accidentel, contribuera le plus à l'irradiation de cette population. Il peut alors lui faire courir un risque accru de cancer de la thyroïde.
Pour éviter que la thyroïde ne fixe l'iode radioactif, une prise d'iode stable (iode naturel, non radioactif), en saturant cette glande, constitue un moyen de prévention efficace pour protéger la santé des populations exposées.
C'est pourquoi des comprimés contenant de l'iode stable sont distribués préventivement aux populations vivant à proximité des installations nucléaires. En cas d'alerte de rejet radioactif accidentel, la prise de ce comprimé serait ordonnée par le Préfet, conseillé par l'Autorité de Sûreté Nucléaire.
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Boite d'iodure de potassium |
L'iode stable est un oligo-élément naturel absolument nécessaire à notre santé. Il entre, en effet, dans la composition d'hormones fabriquées par une glande située sur le devant du cou, la glande thyroïde.
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L'iode ingéré ou inhalé se concentre majoritairement dans la thyroïde, très avide d'iode parce que cet élément est nécessaire à la production continue des hormones thyroïdiennes
L'iode radioactif peut être fixé par la thyroïde tout comme l'iode stable, naturel. L'apport alimentaire quotidien en iode stable n'étant pas en mesure de saturer la thyroïde, une absorption d'iode radioactif, inhalé, par exemple, lors d'un accident nucléaire, risque, dès lors, d'exposer particulièrement cette glande.
Il existe un moyen très simple de prévenir le risque d'irradiation thyroïdienne : le blocage de la captation d'iode radioactif par la glande thyroïde. Ce blocage est aisément obtenu par l'ingestion d'une importante quantité d'iode stable (sous la forme, notamment, d'un comprimé d'iodure de potassium) préalable à l'exposition à une atmosphère ou à une alimentation contaminée par de l’iode radioactif.
A l'image d'une éponge imbibée d'eau refusant de s'en imprégner davantage, la glande thyroïde, préalablement saturée d'iode stable, n'est plus capable de fixer l'iode radioactif. Ainsi l'iode radioactif, qui aurait pu être inhalé ou éventuellement ingéré, ne pourra pas être capté par la thyroïde et y séjourner. Il pourra dès lors être rapidement et naturellement éliminé par les urines.
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1 L’iode stable est ingérée sur consigne du Préfet
2 La thyroïde est saturée par l’iode stable ingérée
3 Passage des rejets accidentels exposant éventuellement à l’iode radioactif
4 La thyroïde, saturée en iode stable, ne peut pas fixer l'iode radioactif.
Les comprimés d'iodure de potassium stable ne constituent ni une sorte de vaccin radio protecteur ni un traitement permanent. Ils doivent être absorbés au bon moment, lorsqu'un accident nucléaire a été déclaré et menace de provoquer un rejet d'iode radioactif. C'est le Préfet du département, responsable de la protection des populations autour du site nucléaire concerné, qui donne la consigne de prise d'iode. Cette consigne est relayée par tous les moyens d’information disponibles.
La prise d'un seul comprimé, avalé avec un verre d'eau ou dissous dans une boisson, suffit à protéger efficacement, durant un à deux jours, un adulte ou un adolescent. Pour un enfant de plus de trois ans, 1/2 comprimé suffit, et, pour un nourrisson ou un enfant de moins de 3 ans, 1/4 de comprimé est suffisant. Il importe donc que chaque personne vivant à proximité d'une installation nucléaire ait à sa disposition les comprimés d'iodure de sodium.
Pour les habitants des communes situées dans un rayon de 10 km autour des centrales nucléaires, depuis 1997, des instructions ministérielles ont organisé selon diverses modalités plusieurs campagnes préventives de distribution gratuite de boîtes de comprimés d'iode stable. En 2005, une nouvelle campagne a été lancée. Elle permet aux familles, entreprises, centres commerciaux, établissements d'enseignement, centres sanitaires et sociaux et autres collectivités concernées, dès réception d'un bon de retrait accompagnant un courrier nominatif de retirer chez le pharmacien local une nouvelle plaquette de comprimés. Des stocks de comprimés sont également constitués de façon à compléter la protection, en cas de besoin, par exemple pour des nouveaux arrivants dans les communes concernées.
En cas d'accident grave, certaines installations nucléaires, notamment les centrales nucléaires, sont susceptibles de rejeter dans l'atmosphère de l'iode radioactif. Ce radioélément est celui qui va contribuer le plus à l'exposition radiologique de la population à court terme. L'accident de Tchernobyl, survenu en avril 1986, a mis en évidence le risque accru de cancer de la thyroïde, en particulier pour les enfants, dans des régions d'Ukraine, de Biélorussie, et de Russie à la suite d'une exposition à
l’iode radioactif.
Ce principal enseignement a été suivi de réflexions et de recommandations au niveau internationale (Organisation Mondiale de la Santé - Agence Internationale de l'Energie Atomique). Elles ont permis la mise en place de la politique actuelle de distribution des comprimés d'iode pour une ingestion précoce en cas d'accident nucléaire avec rejet d'iode radioactif. Les comprimés d'iode stable permettent de réduire notablement les risques sanitaires (cancers de la thyroïde) engendrés par l'inhalation de l'iode radioactif, quand ils sont ingérés à temps.
Jusqu'en 1997, les plans d'urgence des installations nucléaire (Plan Particulier d'Intervention) ne prévoyaient de distribution de comprimés que lors de la survenue d'un accident. Ces comprimés devaient être distribués à partir de stocks placés généralement sur le site des installations nucléaires ou à proximité. Les premiers exercices (1995-1996) où des essais de distributions de comprimés d'iode en urgence ont été réalisés ont révélé des délais trop importants pour réaliser cette opération, délais difficilement compatibles avec l'objectif d'assurer une bonne protection sanitaire des personnes à proximité des installations nucléaires.
C'est pourquoi, depuis 1997, la décision a été prise de distribuer de manière préventive des comprimés d'iode aux populations vivant à proximité des installations nucléaires susceptibles de rejeter de l'iode radioactif en cas d'accident. Deux campagnes de distribution préventive de comprimés d'iode stable ont été mises en ouvre par les pouvoirs publics. Ces distributions ont concerné les populations habitant à proximité des installations nucléaires susceptibles de rejeter de l'iode radioactif en cas d'accident grave. Ainsi, par exemple, pour les centrales nucléaires, la distribution préventive a été réalisée sur un rayon de 10 km, zone définie par le
Plan particulier d’Intervention (PPI) utilisé en cas d’accident.
La première campagne a eu lieu en 1997 à la suite de la publication de la circulaire interministérielle du 30 décembre 1997 qui a précisé les modalités pratiques de la distribution préventive. Celle-ci a consisté à permettre à chaque foyer d'obtenir des comprimés d'iode gratuitement, le plus le plus souvent à l'aide d'un bon de retrait en pharmacie, et à constituer des stocks complémentaires dans les établissements publics (établissements d'enseignements
notamment) et dans les entreprises.
La seconde campagne a eu lieu en 2000 suite à la circulaire du 17 mai 2000 selon les mêmes modalités, pour renouveler les comprimés distribués en 1997 qui étaient périmés. Aujourd'hui, de nouvelles campagnes sont en cours autour des installations nucléaires où il est estimé qu'un nombre insuffisant de foyers disposent de comprimés d'iode (circulaire du 14 novembre 2001 et du 23 décembre 2002) ; des modalités de distributions autres que le bon de retrait en pharmacie sont préconisées : retrait direct de comprimés d'iode en pharmacie, distribution en porte à porte.
Depuis 2001 dans le souci de renforcer la protection de la santé publique, en complément de la distribution préventive autour des installations nucléaires, les pouvoirs publics ont demandé aux préfets de mettre en ouvre de nouvelles mesures pour compléter cette distribution sur l'ensemble des départements français de métropole : au delà des zones couvertes par les PPI, des stocks de comprimés d'iode doivent être pré-positionnés. Il est également demandé aux préfets de rédiger des plans pour la distribution en cas d'urgence de ces stocks.
Depuis le 04 mars 2005, les personnes résidant dans la zone des 10 km autour des centrales nucléaires de Nogent-sur-Seine, Belleville-sur-Loire, Golfech et Fessenheim ont reçu un courrier des pouvoirs publics les invitant à se rendre dans l'une des pharmacies figurant sur la liste jointe au courrier afin d'y retirer des comprimés d'iode stable.
Au cours de l'année 2005, les personnes habitant à proximité de toutes les autres centrales nucléaires d'EDF seront également concernées par cette campagne de distribution.
Celle-ci, initiée par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et la Direction de la défense et de la sécurité civiles (DDSC) du Ministère de l'intérieur, fait suite aux distributions de comprimés d'iode effectuées en 2000 et 2002. Certains comprimés distribués à cette époque arrivent en
effet à péremption en 2005.
Chaque famille résidant dans la zone des 10 km autour de la centrale sera destinataire d'un courrier d'information personnalisé co-signé par le Directeur général de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, le Directeur de la défense et de la sécurité civiles et le Président du Conseil national de l'ordre des pharmaciens. Ce courrier sera accompagné d'un bon de retrait des comprimés en pharmacie et de deux dépliants d'information, l'un portant sur les comprimés d'iode, l'autre sur le contrôle de la sûreté nucléaire de la centrale nucléaire.
Au préalable, une circulaire (08 février 2005) précisant les modalités de cette nouvelle campagne de distribution a été adressée aux préfets.
Cette campagne vise à protéger les personnes vivant à proximité des centrales. En cas d'accident nucléaire, un rejet d'iode radioactif dans l'atmosphère serait en effet susceptible de se produire. L'iode radioactif, inhalé ou ingéré, ferait courir un risque accru de cancer de la thyroïde. En la saturant avant le rejet, l'iode stable évite la fixation de l'iode radioactif sur cet organe et limite ainsi notablement l'impact sanitaire d'un tel rejet.
